À Benguérir, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) a inauguré le NextGen Manufacturing Summit Africa, un événement de deux jours réunissant décideurs, industriels, technologues et institutions pour dessiner ensemble la trajectoire industrielle du continent à l’ère de l’Industrie 4.0.
Organisé par UM6P TECHNIX avec le soutien de Deutsche Messe AG/Hannover Messe et de l’Alliance AISMA de l’ONU‑Industrie pour l’Afrique, le sommet explore les enjeux de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle, de l’automatisation, de la durabilité industrielle et du financement. Au cœur des débats : comment développer les compétences africaines pour occuper les nouveaux rôles industriels émergents ?
L’un des moments forts fut l’annonce de la création d’une Smart Factory Academy à Casablanca, fruit d’un partenariat entre UM6P TECHNIX, Hannover Messe et INNOVX. Elle ambitionne de former des professionnels dans les domaines de l’automatisation, de la robotique, de l’IA, de la cybersécurité industrielle et de la digitalisation des chaînes de production.
Cette initiative s’inscrit dans une vision industrielle africaine particulièrement ambitieuse. L’université veut démontrer que le continent peut bâtir ses propres modèles de compétitivité, non plus en simple suiveur, mais en acteur innovant. Cela passe par un enseignement mêlant théorie et expérience industrielle immersive, et par des synergies fortes avec des partenaires internationaux.
Le sommet a également lancé l’événement Industrial Transformation Africa 2026, un salon de l’innovation industrielle labellisé Hannover Messe, qui se tiendra à Casablanca. Il rassemblera fabricants, fournisseurs technologiques, startups et investisseurs pour catalyser les opportunités du secteur sur le continent.
Mais les défis sont considérables. Les intervenants ont rappelé que très peu d’entreprises africaines utilisent aujourd’hui des technologies avancées comme l’IoT ou l’IA, et que plus de 40 % des employeurs rencontrent des difficultés à recruter du personnel disposant de compétences techniques. Le risque ? Rater le train de la transformation industrielle.
Pourtant, les expériences prometteuses ne manquent pas : l’industrie automobile marocaine exporte plusieurs centaines de milliers de véhicules chaque année, accompagnée de logistiques intelligentes ; en Afrique du Sud, les mines adoptent des capteurs connectés et des systèmes de maintenance prédictive ; au Kenya et au Nigeria, certaines startups optimisent la production via le cloud ; au Rwanda, des drones livrent des fournitures médicales dans des zones isolées. Ces exemples montrent que l’innovation se diffuse déjà, et qu’il est grand temps de la généraliser.
Alors que le sommet se poursuit, les participants s’interrogent : comment permettre à l’Afrique de sauter les étapes traditionnelles de l’industrialisation ? Quelles politiques encourager pour un développement industriel durable ? Et surtout, comment construire le capital humain capable de mener cette 4ᵉ révolution industrielle ?














