À Abidjan, le vendredi 22 août 2025, le premier module du programme « Breakfast with Yango » consacré à l’économie des plateformes numériques a mis en lumière un phénomène aussi discret que structurant : l’impact des VTC sur le rajeunissement du parc automobile ivoirien. Depuis l’arrivée des plateformes numériques comme Yango, lancée en 2018, le visage de la mobilité urbaine a profondément changé, avec des conséquences notables sur la qualité des véhicules en circulation.
Le marché automobile ivoirien affiche une dynamique soutenue. De 8 000 véhicules neufs vendus en 2017, les ventes sont passées à plus de 27 000 unités en 2024, selon les chiffres du Groupement des concessionnaires. Cette progression spectaculaire s’explique en partie par deux leviers politiques déterminants : l’interdiction depuis 2018 des importations de véhicules d’occasion de plus de cinq ans, et la limitation des motos-taxis à Abidjan instaurée en 2019. Ces mesures ont favorisé une demande accrue de voitures plus récentes, tant pour un usage personnel que pour les activités de transport professionnel.
Dans ce contexte, les VTC ont joué un rôle clé. Contrairement aux taxis traditionnels souvent vieillissants, les plateformes comme Yango exigent des véhicules récents, généralement neufs ou de moins de cinq ans. Cette exigence pousse les chauffeurs à se tourner vers des modèles modernes, en particulier ceux de la marque Suzuki, tels que les Maruti Suzuki DZire, S-Presso ou Alto, qui dominent désormais les rues d’Abidjan.
Au-delà de l’aspect matériel, les plateformes investissent dans la formation continue des chauffeurs. Yango, par exemple, collabore avec l’Office de sécurité routière pour dispenser des formations sur le respect du code de la route, tandis que la Croix-Rouge ivoirienne forme les conducteurs aux premiers secours. Des contrôles médicaux réguliers complètent ces actions pour s’assurer de l’aptitude physique des chauffeurs.
Ce changement de paradigme est soutenu par une digitalisation croissante des infrastructures, une professionnalisation du secteur et une volonté claire d’inscrire la mobilité dans une logique de développement durable. Le renouvellement du parc ne devrait pas ralentir, d’autant que les ambitions d’électrification du transport urbain se précisent en Côte d’Ivoire. Si le marché comptait environ 600 000 véhicules en 2019, il est aujourd’hui en pleine transition vers une mobilité plus moderne, plus propre et mieux régulée.














