L’aventure sénégalaise de SpaceX subit un violent coup d’arrêt. Selon les informations rapportées par le journaliste Bachir Fofana, la Cour suprême du Sénégal a ordonné ce lundi la suspension de la licence d’exploitation de Starlink. Statuant en référé, la plus haute juridiction administrative du pays gèle l’autorisation de l’opérateur satellitaire dans l’attente d’un jugement sur le fond, suite à un recours déposé pour « excès de pouvoir ».
Cette décision judiciaire intervient dans un climat de fortes tensions réglementaires entre l’entreprise d’Elon Musk et les acteurs locaux. Depuis l’activation du service en février 2026, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) a mené une véritable traque contre la revente illégale de capacité satellitaire. Face à la prolifération de points de « wifi communautaire » clandestins, le régulateur a multiplié les interpellations — avec de récentes arrestations à Kaolack en août 2026 suite à une plainte de la Sonatel —, rappelant que ces pratiques passibles de cinq ans de prison constituent une menace directe pour l’écosystème des télécoms.
Le parcours de Starlink au Sénégal tranche radicalement avec les ambitions initiales du gouvernement, qui avait négocié l’achat de 5 000 kits à tarif préférentiel pour connecter gratuitement un million de citoyens d’ici la mi-2026. Également ébranlé par une tentative avortée d’augmentation de 43 % de ses tarifs en mai dernier, l’opérateur voit désormais son avenir suspendu à la décision finale de la justice. En droit sénégalais, cette ordonnance de référé vise strictement à préserver la situation actuelle : Starlink est contraint de mettre ses opérations en pause jusqu’à ce que la Cour tranche définitivement sur la légalité de son autorisation initiale.














