Le conflit malien bascule dans une nouvelle dimension technologique. Selon une étude de l’Institut Timbuktu, l’intelligence artificielle générative est désormais massivement exploitée pour amplifier et accélérer la guerre de l’information entre les différentes factions armées qui déchirent le pays.
L’usage de ces technologies varie fortement selon les ressources des belligérants. Si l’utilisation de l’IA par les jihadistes du JNIM (affiliés à Al-Qaïda) reste limitée — avec de premières affiches de propagande générées en juin 2026 —, les séparatistes touaregs du FLA se montrent plus créatifs. Sur TikTok, de multiples comptes diffusent des messages favorables au groupe via des avatars générés par IA, des personnages artificiels qui « humanisent » la cause tout en masquant l’identité des véritables créateurs de contenu.
L’usage le plus sophistiqué revient cependant aux paramilitaires russes d’Africa Corps, alliés à la junte de Bamako. Fort de ressources et d’une expertise colossale, ce groupe intègre la production d’articles, d’images et de commentaires générés par l’IA au sein de vastes campagnes de désinformation structurées. Une mutation qui confirme le statut du Mali comme terrain d’expérimentation mondial pour l’usage des technologies de pointe dans les conflits hybrides.














