Le Maroc a commencé à déployer à Rabat ses premiers véhicules de patrouille intégrant des technologies d’intelligence artificielle. Baptisés « Amane » et « Madar », ces dispositifs ont été développés en interne par les équipes techniques de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Leur lancement opérationnel intervient après des phases de développement, d’essais sur le terrain et de formation des policiers chargés de les utiliser. Casablanca et Tanger doivent être les prochaines villes équipées, avant une extension progressive aux principales agglomérations du pays.
Le véhicule Amane embarque des caméras couvrant un champ de vision à 360 degrés, des outils de lecture automatique des plaques d’immatriculation, de reconnaissance faciale et un drone intégré destiné à compléter la surveillance au sol. La DGSN indique que le dispositif peut détecter en temps réel les plaques de véhicules volés ou suspects avec une précision pouvant atteindre 95 %. Le véhicule est également relié aux salles de commandement et aux unités déployées sur le terrain afin de transmettre immédiatement les informations et alertes recueillies.
Madar transforme pour sa part une voiture de police en plateforme mobile de surveillance. Ses caméras haute définition peuvent suivre les mouvements sur plusieurs voies de circulation, tandis qu’une caméra panoramique centrale effectue une rotation complète en moins de trois secondes. Le véhicule dispose aussi d’un système de géolocalisation et d’un accès à la base de données centrale. Les informations sont réunies dans Smart.Viewer, une plateforme qui centralise les images et alertes afin d’aider les équipes à coordonner leurs interventions.
À ce stade, les autorités n’ont publié ni bilan d’efficacité ni durée d’évaluation précise. Le déploiement devra donc encore démontrer sa capacité à réduire les délais d’intervention, faciliter l’identification de véhicules ou de personnes recherchées et mieux répartir les moyens policiers. S’il produit des résultats mesurables, le dispositif pourrait fournir un exemple concret d’utilisation de l’IA par les forces de sécurité africaines. Son extension posera néanmoins aussi la question de l’encadrement de la reconnaissance faciale, de la conservation des données et des garanties accordées aux citoyens.














