Le Cap-Vert renforce ses ambitions numériques en explorant un partenariat stratégique avec la Corée du Sud. Une délégation conduite par la Direction générale des télécommunications et de l’économie numérique a récemment effectué une mission technique à Séoul. L’objectif : nouer des liens autour de la gouvernance des données, de la numérisation des services publics et de la cybersécurité.
Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large des autorités cap-verdiennes, qui voient le numérique comme un levier central de développement socio-économique. Selon Pedro Lopes, secrétaire d’État à l’Économie numérique, la technologie représente une réponse concrète aux limites géographiques et naturelles de l’archipel. Le gouvernement mise notamment sur la modernisation du tourisme, de l’économie bleue et de l’agriculture à travers des solutions digitales, tout en soutenant les jeunes entrepreneurs dans la création de startups compétitives à l’international.
Face à ces ambitions, la Corée du Sud apparaît comme un partenaire idéal. Classée quatrième au classement mondial de l’e-gouvernement 2024 des Nations Unies avec une note de 0,9679 sur 1, elle incarne un modèle d’excellence en matière de services publics numériques et de cybersécurité. Le Cap-Vert, de son côté, se situe à la 111e place avec un score de 0,6238, ce qui le place au-dessus de la moyenne régionale ouest-africaine, mais encore en dessous de la moyenne mondiale.
Ce rapprochement s’inscrit dans un contexte local dynamique. Le pays a récemment inauguré le TechPark CV, un centre technologique rassemblant jeunes talents et entreprises innovantes. Il a aussi lancé sa première stratégie nationale sur les données et l’intelligence artificielle. Ces efforts visent à structurer un écosystème numérique capable de répondre aux défis de l’avenir, tout en assurant une inclusion sociale et économique.
Bien que les discussions avec la Corée du Sud n’aient pas encore abouti à un accord formel, les deux parties ont identifié des pistes concrètes de coopération. À travers des initiatives comme le programme KoDi, piloté par la Corée avec l’appui de la Banque mondiale, le Cap-Vert pourrait accéder à une expertise de haut niveau en matière de cybersécurité, d’innovation verte et de gouvernance numérique. La balle est désormais dans le camp diplomatique, pour transformer ces intentions en résultats concrets.














