La commercialisation sauvage d’accès à Internet par satellite subit un coup d’arrêt au Sénégal. Suite à une plainte déposée par le département contentieux de l’opérateur historique Sonatel, les forces de l’ordre de la région de Kaolack ont démantelé un réseau de distribution illégal s’appuyant sur les équipements de Starlink. Les mis en cause ont été déférés mi-août devant la justice pour association de malfaiteurs et exercice d’une activité de télécommunications sans l’autorisation de l’Autorité de régulation (ARTP).
Le mode opératoire : du terminal satellite au réseau câblé local
L’enquête a mis en lumière un procédé technique bien rodé visant à transformer un simple kit satellitaire en un véritable micro-réseau de fourniture d’accès (FAI) à l’échelle de plusieurs localités. Les individus incriminés faisaient l’acquisition de terminaux Starlink pour capter le signal haut débit en orbite basse. Une fois le routeur actif, ils déployaient un réseau physique clandestin, tirant de longs câbles depuis l’installation principale pour raccorder directement et simultanément de multiples concessions et domiciles voisins.
Un modèle économique hautement monétisé
Cette infrastructure parallèle, repérée initialement grâce à une alerte anonyme, permettait de générer des revenus substantiels en contournant totalement les charges et licences imposées aux opérateurs classiques. Les investigations sur le terrain ont révélé que les foyers raccordés devaient s’acquitter d’un « ticket d’entrée » (frais de branchement) oscillant entre 15 000 et 25 000 francs CFA. À cela s’ajoutait une redevance mensuelle fixe de 10 000 francs CFA pour l’accès continu à Internet.
Lors de leur intervention, les enquêteurs ont perquisitionné les domiciles abritant les installations centrales et ont procédé à la saisie du matériel (antennes Starlink et câblages de redistribution collective). Bien que les opérateurs de ce réseau aient tenté de justifier leurs actes par l’ignorance de la loi ou en affirmant avoir suspendu leurs activités après de récents rappels à l’ordre de l’ARTP, la justice a maintenu les poursuites.
Cette affaire illustre concrètement le nouveau défi sécuritaire et réglementaire auquel font face les autorités : la facilité de déploiement des terminaux de la constellation LEO (orbite basse) favorise l’émergence d’infrastructures de revente non déclarées, en violation directe du Code des télécommunications.














