Le paysage de l’innovation africaine connaît un tournant stratégique. Pour la première fois, les startups cleantech – centrées sur les technologies propres et durables – ont pris la tête du financement en Afrique, surpassant les traditionnelles fintechs au premier trimestre 2025, avec un total impressionnant de 469,9 millions de dollars levés.
Selon le Funding Tracker de Condia, 43 levées de fonds publiques ont été enregistrées entre janvier et mars, marquant une hausse de 27 % par rapport aux 369 millions de dollars du premier trimestre 2024. Cette évolution témoigne d’un écosystème en pleine maturation, où les investisseurs misent sur des projets plus ciblés, à des stades de développement plus avancés.
Avec 164,5 millions de dollars captés (35 % du total), la cleantech devance toutes les autres industries. En comparaison, ce secteur ne représentait que 13 % des financements à la même période en 2024. Ce bond spectaculaire reflète l’intérêt croissant des investisseurs pour des solutions liées à l’accès à l’énergie, à l’environnement et à la résilience climatique sur le continent.
La fintech fait tout de même un retour remarqué, avec 117,67 millions de dollars (25 %), contre seulement 7,78 % un an plus tôt. Cette reprise signale une confiance renouvelée dans les plateformes de services financiers numériques africaines.
Derrière, l’insurtech se distingue avec 76 millions de dollars levés, un secteur jusqu’alors peu visible mais désormais en forte croissance. La logistique (36,5 millions), l’agritech (21,1 millions) et l’edtech (24 millions, notamment grâce à Enko Education) complètent le podium des investissements notables.
L’Afrique du Sud conserve son statut de premier pôle d’attraction, avec 120,42 millions de dollars levés, soit plus du quart du total continental. Elle est suivie par le Nigeria (78 M$), le Kenya (67 M$) et l’Égypte (53,7 M$). Fait marquant : le Togo entre dans le top 5, porté par la série B de 30 millions de dollars de la startup Gozem, spécialisée dans la mobilité et les services digitaux.
Ensemble, ces cinq pays concentrent près de 89 % des fonds levés, illustrant une forte centralisation géographique du capital-risque en Afrique.
Si le nombre de transactions diminue, la taille des tours de table augmente. Le mois de janvier à lui seul représente plus de la moitié du financement total avec 245,2 millions de dollars, tandis que mars a connu un net ralentissement.














