La bataille géopolitique pour le contrôle des infrastructures numériques africaines s’intensifie. La Côte d’Ivoire s’apprête à inaugurer en 2027 son tout premier centre de données gouvernemental, un projet dont le coût total avoisine les 42 milliards de francs CFA, propulsé par une garantie de financement de 66 millions de dollars de l’US Export-Import Bank (EXIM).
Érigé dans la zone franche technologique VITIB de Grand-Bassam, ce data center vise à rapatrier les données de l’État sur le sol national pour lui garantir une véritable souveraineté numérique face aux hébergeurs étrangers. La construction, qui avait dépassé les 20 % d’avancement en décembre 2025, prévoit une livraison pour la fin de l’année 2026. L’implication de Washington marque une offensive diplomatique et technologique claire. Il s’agit du tout premier accord en Afrique subsaharienne financé via le programme de l’EXIM (China and Transformational Exports Program) spécifiquement conçu pour contrer l’influence technologique chinoise. Sur le terrain, des géants américains comme Cisco et HPE, épaulés par Schneider Electric et le Cybastion Institute of Technology, sont à la manœuvre.
En ajoutant une seconde garantie de 47 millions de dollars dédiée à la numérisation du ministère du Commerce et de l’Industrie, le soutien financier américain à la stratégie ivoirienne — elle-même intégrée à un gigantesque plan de développement national de 209 milliards de dollars (2026-2030) — dépasse désormais la barre des 100 millions de dollars














