Dans un effort pour moderniser son système judiciaire et faciliter l’accès des citoyens aux services publics, le Burkina Faso s’apprête à lancer une plateforme numérique inédite permettant le dépôt de plaintes en ligne. Baptisé « Module Parquet de la Chaîne Pénale », ce nouvel outil numérique sera officiellement mis en service le 15 décembre 2025 à Ouagadougou. Il marque une étape importante dans la transformation digitale du pays, portée conjointement par le ministère de la Transition digitale et celui de la Justice.
L’objectif est clair : alléger les lourdeurs administratives, accélérer les procédures judiciaires et rapprocher la justice des populations, en particulier celles vivant dans des zones rurales ou reculées. Concrètement, le module permettra à tout citoyen burkinabè de saisir la justice à distance, sans avoir à se déplacer vers les tribunaux ou les commissariats. La plainte pourra être transmise directement aux procureurs, qui bénéficieront d’un système sécurisé et intégré pour le traitement des dossiers, depuis l’enregistrement jusqu’au verdict.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large, amorcée depuis plusieurs années, visant à moderniser l’administration judiciaire. Le pays a déjà franchi plusieurs étapes importantes, notamment avec la généralisation du casier judiciaire en ligne en 2023, ainsi que la numérisation progressive de la chaîne pénale et la modernisation des systèmes d’information du ministère de la Justice. Ces efforts reflètent une volonté politique affirmée de rattraper le retard en matière de services publics numériques.
Car le défi est immense. Selon l’Indice de développement du gouvernement électronique publié en 2024 par les Nations unies, le Burkina Faso se classe à la 175e place sur 193 pays, avec un score de 0,2895. Ce classement met en évidence l’ampleur des obstacles encore à surmonter pour parvenir à une administration réellement numérique, notamment en matière d’infrastructures, de formation et d’accessibilité.
Avec le lancement du Module Parquet, les autorités burkinabè espèrent non seulement désengorger les services physiques, mais aussi restaurer la confiance des citoyens envers le système judiciaire. En facilitant l’enregistrement des plaintes et en améliorant la transparence des procédures, la justice devient plus accessible, plus efficace, et surtout plus proche du quotidien des Burkinabè. À terme, les données générées par cette plateforme pourraient également contribuer à mieux piloter les politiques publiques en matière de justice et à adapter les réformes aux réalités du terrain.














