Le Burkina Faso envisage de tisser des liens plus étroits avec les États-Unis dans le domaine du numérique, une ambition exprimée à l’occasion d’une rencontre officielle entre Aminata Zerbo/Sabane, ministre de la Transition numérique, et Joann Lockard, ambassadrice américaine en poste à Ouagadougou. Cette entrevue, tenue début juillet 2025, a permis de poser les premiers jalons d’une coopération renforcée autour de la cybersécurité, de l’infrastructure digitale et de la gouvernance des données.
L’ambassadrice Lockard a salué les efforts entrepris par le gouvernement burkinabè dans sa transition numérique, soulignant que l’expérience américaine pouvait constituer un appui déterminant, notamment dans la protection des données des citoyens et le renforcement de la sécurité numérique. Du côté burkinabè, les ambitions sont claires : d’ici fin 2025, les autorités entendent finaliser la construction de centres de données, déjà réalisés à 70 %, étendre la couverture réseau à plusieurs centaines de localités aujourd’hui mal desservies, et généraliser les services publics numériques.
Au cœur de cette dynamique figure un projet d’accélération de la transformation numérique, estimé à 150 millions de dollars, qui comprend également la mise en place d’un système d’identification électronique unique à l’échelle nationale. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre plus large du programme PACT DIGITAL, soutenu par la Banque mondiale, qui vise à améliorer l’infrastructure numérique, les services publics et la formation des talents locaux.
Les entreprises américaines pourraient tirer parti de cette orientation stratégique. Des acteurs comme Starlink, spécialiste de la connectivité satellite, ou American Tower, fournisseur d’infrastructures télécoms, pourraient jouer un rôle clé dans l’élargissement de la couverture internet. D’autres firmes telles qu’Amazon Web Services, Microsoft ou Cisco pourraient également être sollicitées pour accompagner l’hébergement sécurisé des données, l’automatisation des services publics ou encore la formation en cybersécurité.
Pour l’heure, aucun partenariat officiel n’a encore été signé. Les discussions restent à un stade préliminaire, mais la convergence d’intérêts entre les deux pays laisse entrevoir un potentiel de collaboration important. Dans un contexte où le Burkina Faso affiche un retard significatif en matière d’e-gouvernement – il se classe 175e dans l’indice mondial de développement numérique de l’ONU – le soutien d’acteurs internationaux pourrait accélérer sa transition. À l’inverse, les États-Unis, bien classés dans les indices mondiaux de gouvernance électronique et de cybersécurité, pourraient y trouver une opportunité stratégique d’influence technologique sur le continent africain.














