AITN : L'actu tech en Afrique, depuis 2011.
samedi 3 octobre 2026
AITN
  • AITN
  • Éditorial
  • News
  • Startups
  • Tech et médias
  • Finance
  • Stratégies
  • Podcasts
No Result
View All Result
  • AITN
  • Éditorial
  • News
  • Startups
  • Tech et médias
  • Finance
  • Stratégies
  • Podcasts
No Result
View All Result
AITN
AITN Crypto et Web3

Cryptomonnaies en Afrique de l’Ouest : la zone CFA dans le flou pendant qu’Accra et Abuja légifèrent

AfriqueITNews par AfriqueITNews
17 août 2026
rubrique Crypto et Web3, Éditorial, Fintech
Temps de lecture : 5 mins read
Partager sur FacebookPartager sur TwitterPartager sur WhatsApp

L’Afrique de l’Ouest est en train de se scinder en deux vitesses réglementaires face aux cryptomonnaies, et cette fracture pourrait coûter cher à la zone franc. D’un côté, le Ghana et le Nigeria viennent de doter leurs marchés d’actifs numériques de lois structurées, avec régulateurs identifiés, licences et bacs à sable. De l’autre, les huit pays de l’UEMOA avancent à tâtons dans une zone grise juridique où les cryptomonnaies ne sont ni interdites ni encadrées, pendant que les stablecoins adossés au dollar s’infiltrent chaque jour un peu plus dans l’économie réelle. Entre ces deux trajectoires, c’est une bonne partie de la souveraineté monétaire régionale qui se joue.

Le flou juridique persistant de la zone UEMOA

Dans l’espace UEMOA, acheter, détenir, vendre ou transférer des crypto-actifs n’est pas illégal, mais ce n’est pas non plus reconnu comme une activité financière encadrée. Aucun texte communautaire ne définit le statut juridique du bitcoin, de l’ether ou des stablecoins, aucune autorité n’est officiellement chargée de délivrer des licences aux plateformes d’échange, et les utilisateurs qui se font arnaquer ou spolier par une plateforme étrangère n’ont, dans les faits, aucun recours clair. Seul point non négociable : les cryptomonnaies ne sont pas une monnaie légale dans la zone, et aucun commerçant n’est tenu de les accepter comme moyen de paiement.

ArticlesSimilaires

Stablecoins : la fintech Kora court-circuite la volatilité avec « One Rail »

Whooti, ou le pari de faire entrer l’emploi domestique sénégalais dans l’ère de la confiance

Ce vide n’est pas de l’indifférence. Depuis janvier 2024, la BCEAO impose un agrément obligatoire aux fintechs qui opèrent dans son giron, un dispositif qui a permis d’en régulariser 31 sur 131 identifiées à fin février 2026. Un comité dédié, le C-CRYPTO, planche en coulisses sur un futur cadre réglementaire pour les crypto-actifs. Et le 8 mai 2026, la Banque centrale a organisé à Dakar sa toute première conférence internationale consacrée au sujet, réunissant gouverneurs et superviseurs de la région. Le message qui s’en est dégagé tient en une formule : réguler sans interdire, encadrer sans bloquer l’innovation. Une position d’équilibriste qui traduit surtout une chose : la BCEAO n’a plus le luxe d’attendre, mais elle n’a pas encore tranché.

Trois risques reviennent systématiquement dans le discours des autorités monétaires régionales :

  • La substitution monétaire : les stablecoins en dollars grignotent le rôle du franc CFA dans les transactions du quotidien.

  • Le financement illicite : faute de dispositif de lutte contre le blanchiment adapté aux actifs numériques.

  • L’instabilité financière : les institutions locales sont de plus en plus exposées à la volatilité des marchés crypto sans filet réglementaire.

Face à cela, la BCEAO explore aussi sa propre monnaie numérique de banque centrale en FCFA, une manière de reprendre la main sur des flux financiers qui, sinon, lui échappent déjà.

Ghana et Nigeria : la loi s’installe, la sandbox s’ouvre

Pendant que l’UEMOA délibère, ses voisins anglophones ont choisi d’avancer. Le Nigeria a fait basculer son cadre réglementaire avec l’Investments and Securities Act 2025, qui classe désormais les actifs numériques comme des valeurs mobilières placées sous la supervision de la Securities and Exchange Commission (SEC). La banque centrale nigériane, qui avait pourtant interdit aux banques de traiter des transactions crypto en 2021, a opéré un revirement complet en autorisant, depuis décembre 2023, les établissements financiers à servir les entreprises crypto dûment licenciées par la SEC. Résultat concret : la SEC a lancé cette année son Accelerated Regulatory Incubation Programme, un bac à sable réglementaire qui permet aux exchanges et aux prestataires de services d’actifs virtuels de tester leurs modèles sous supervision, avant un déploiement à pleine échelle.

Le Ghana n’est pas en reste. Le pays a adopté début 2026 le VASP Act (Virtual Asset Service Providers), une loi qui formalise pour la première fois le statut des prestataires de services d’actifs virtuels, sous supervision conjointe de la SEC ghanéenne et de la Bank of Ghana. Un bac à sable réunissant onze entreprises a été ouvert dès mars, et Accra s’est même offert, en juillet, la première conférence panafricaine entièrement consacrée aux stablecoins, coorganisée avec Bitnob et Tether. Message des autorités locales sur place : la question n’est plus de savoir si les stablecoins doivent être intégrés à l’économie, mais comment le faire sans sacrifier l’intégrité financière.

Les stablecoins, une réalité qui dépasse déjà la loi

Pendant que les régulateurs légifèrent ou tergiversent, le marché, lui, n’a pas attendu. Les stablecoins représentent désormais environ 43 % de l’ensemble du volume des transactions en cryptomonnaies en Afrique subsaharienne, selon les données de Chainalysis. Rien qu’en 2025, l’USDT a traité plus de 13 000 milliards de dollars dans le monde, avec une moyenne de 35 milliards de dollars échangés chaque jour au service de 576 millions d’utilisateurs, et l’adoption sur le continent africain a progressé de 18,6 % sur un an.

Sur le terrain, l’usage est resté remarquablement concret :

  • Transferts de fonds : les diasporas s’en servent pour envoyer de l’argent plus vite et moins cher que par les circuits bancaires classiques.

  • Accès aux devises : les entreprises y trouvent un accès au dollar quand les devises locales se raréfient pour payer fournisseurs, salaires ou importations.

  • Automatisation B2B : un nombre croissant d’acteurs commencent à automatiser paiements et règlements via des stablecoins programmables.

Dans l’espace francophone, cette adoption reste toutefois plus timide qu’au Nigeria ou au Kenya, freinée par des rampes d’accès fiat peu fiables, une tension persistante entre exigences de conformité (KYC) et inclusion financière, et une méconnaissance encore large chez les commerçants comme chez les consommateurs.

Ce qui se joue vraiment : la souveraineté monétaire

Le vrai sujet, derrière la question technique du statut légal, c’est celui du contrôle. Chaque transaction en stablecoin dollar qui échappe au système bancaire régional est une transaction que la BCEAO ne voit pas, ne taxe pas et ne peut pas superviser. Et pendant que la zone UEMOA temporise au nom de la prudence, une prudence par ailleurs légitime au vu des risques réels de blanchiment et d’instabilité, elle laisse le marché s’organiser sans elle. Ce n’est pas un vide neutre : c’est un espace que d’autres acteurs, des plateformes internationales aux émetteurs de stablecoins, occupent déjà à sa place.

Le pari du Ghana et du Nigeria n’est pas sans risque non plus ; réguler trop vite peut aussi étouffer l’innovation ou pousser les usages vers l’informel si le cadre est mal calibré. Mais au moins, ces pays ont choisi de jouer un rôle actif dans la définition des règles plutôt que de les subir. Pour l’UEMOA, le vrai danger n’est plus de mal réguler les cryptomonnaies. C’est de laisser le franc CFA perdre, transaction après transaction, une part de son terrain face à un dollar numérique qui, lui, n’attend l’autorisation de personne.

ShareTweetSend
Article précédent

Cauridor et BnB Sierra Leone s’allient à Orange et MTN pour rafler le marché

Article suivant

MTN voit ses revenus fintech s’effondrer de 72 % après la suspension de son crédit de communication

AfriqueITNews

AfriqueITNews

Articles Similaires Posts

Crypto et Web3

Stablecoins : la fintech Kora court-circuite la volatilité avec « One Rail »

2 octobre 2026
cryptomonnaie

L'opérateur de paiement panafricain Kora ouvre une nouvelle voie pour le commerce continental avec le lancement de One Rail. Cette infrastructure API permet désormais aux marchands d'accepter, de conserver et de convertir des paiements en devises numériques (USDT et USDC) aussi simplement qu'avec de la monnaie fiduciaire classique. Alors que les frais de transfert transfrontaliers atteignent près de 9 % en Afrique et que 78 % des entreprises du continent sont déjà exposées aux stablecoins, cette solution offre aux marchands...

Lire la suiteDetails
par AfriqueITNews
0 Commentaires
Éditorial

Whooti, ou le pari de faire entrer l’emploi domestique sénégalais dans l’ère de la confiance

2 octobre 2026
Whooti

Trouver une nounou, une aide ménagère ou un chauffeur reste, au Sénégal, une affaire de bouche-à-oreille. Ibrahima Keita, ingénieur informatique rentré de France après 24 ans de carrière, en a fait l'expérience à son retour à Dakar. De ce constat est née Whooti, une plateforme de mise en relation de femmes de ménages et nounous conçue par Amentys, la société de services numériques qu'il codirige avec Aboubacar Diallo. Entretien. Au Sénégal, l'emploi domestique fait vivre des milliers de foyers et...

Lire la suiteDetails
par AfriqueITNews
0 Commentaires
Finance

Ollo Africa et Ecobank réinventent l’épargne familiale à l’ère du numérique

30 septembre 2026
ecobank

La fintech togolaise Ollo Africa, agréée par la BCEAO comme établissement de paiement, s'associe à Ecobank pour lancer la fonctionnalité « Compte Famille » sur son application Ohana Africa. Cette innovation permet aux familles, y compris la diaspora, de mutualiser leurs ressources financières de manière transparente dans un espace numérique partagé, reléguant aux oubliettes les vieux cahiers de comptes ou les cagnottes informelles. Fort d'une récente augmentation de capital (passé à 1 milliard de FCFA) et de la gestion préalable...

Lire la suiteDetails
par AfriqueITNews
0 Commentaires
Crypto et Web3

Crypto-monnaies : l’adoption par les PME explose aux Émirats Arabes Unis

30 septembre 2026
cryptomonnaie

Les Émirats Arabes Unis s'imposent comme l'un des marchés les plus ouverts aux actifs numériques pour les transactions B2B. Selon le rapport Dreamonomics de Mastercard, 14 % des petites et moyennes entreprises du pays acceptent déjà les crypto-monnaies comme moyen de paiement, tandis que 10 % utilisent des stablecoins pour régler leurs frais professionnels. Cette appétence pour l'innovation se double d'une forte attente en matière de sécurité : près de la moitié des PME émiraties (48 %) souhaitent s'équiper de...

Lire la suiteDetails
par AfriqueITNews
0 Commentaires
Finance

Ecobank mobilise 2,6 milliards de dollars pour l’entrepreneuriat féminin et l’agriculture d’ici 2030

30 septembre 2026
ecobank

En clôture des célébrations de son 40e anniversaire, le groupe bancaire panafricain Ecobank, dont le siège est à Lomé, a dévoilé un engagement de financement majeur : débloquer un portefeuille de prêts de 2,6 milliards de dollars d'ici 2030. Dans le détail, 2 milliards seront alloués aux entreprises dirigées par des femmes via son programme phare Ellevate, avec l'objectif de toucher 400 000 PME formelles et d'ouvrir des voies de financement à près d'un million de micro-entrepreneures. Les 600 millions...

Lire la suiteDetails
par AfriqueITNews
0 Commentaires
Finance

Paystack fluidifie les paiements Shopify en Afrique du Sud à l’approche du Black Friday

28 septembre 2026
paystack shopify

Dans la course à la conversion pour le Black Friday, Paystack déploie une solution redoutable pour les e-commerçants sud-africains. La fintech lance le tout premier système de paiement par carte intégré (onsite checkout) pour Shopify dans le pays, permettant aux clients de finaliser leurs achats sans jamais être redirigés vers une page de transaction externe. En supprimant cette étape source de friction, l'outil limite drastiquement les abandons de panier — certaines agences locales rapportent déjà une hausse de 15 %...

Lire la suiteDetails
par AfriqueITNews
0 Commentaires
Éditorial

Dix ans pour s’y préparer, un mois pour paniquer : le grand cafouillage des cartes CEDEAO au Sénégal

24 septembre 2026
senegal

Les cartes biométriques CEDEAO de 2016 expirent. Prorogation votée en urgence, cyberattaque de la DAF, marché Iris : AITN décrypte une échéance connue depuis dix ans.

Lire la suiteDetails
par AfriqueITNews
0 Commentaires
Fintech

Mastercard fait sauter les frontières des portefeuilles virtuels avec le géant MTN et le groupe Yas

23 septembre 2026
mastercard Commercial Payment Platform

Mastercard franchit une nouvelle étape dans l'intégration financière africaine en nouant un partenariat stratégique avec le géant télécoms MTN Group et le groupe Yas pour rendre leurs portefeuilles mobiles interopérables via la solution Mastercard Wallet Pay. Cette alliance permettra aux utilisateurs de mobile money de réaliser des transactions transfrontalières et des paiements marchands sans avoir besoin d'une carte bancaire traditionnelle, en s'appuyant directement sur le réseau mondial de Mastercard. L'initiative vise à lever les barrières qui limitent aujourd'hui l'interopérabilité entre...

Lire la suiteDetails
par AfriqueITNews
0 Commentaires
Charger plus

Recommandations.

Cybersécurité

NEC rafle un contrat télécom en Ouganda et se place sur le marché de la cybersécurité bancaire

2 octobre 2026
tour telecom

Orange Côte d’Ivoire certifie 42 techniciens en pilotage de drones

2 octobre 2026

Tendances.

Afrique de l'ouest

Tours télécoms et satellites : Une solution innovante pour connecter les zones rurales

18 octobre 2024
starlink

Arrêt de Starlink au Sénégal : derrière la version officielle, un jeu de dupes dont personne ne parle

10 septembre 2026
elon musk

Coup de tonnerre au Sénégal : la licence Starlink en sursis ?

7 septembre 2026
ouvrir une agence de transfert d'argent en côte d'ivoire

Voici comment ouvrir une agence de transfert d’argent en Côte d’Ivoire

5 janvier 2022
cameroun ia

Au Cameroun le régulateur convoque les patrons de MTN et Orange

16 septembre 2026
AITN

© 2011 - 2025 AITN - Tous droits reservés - Groupe Gaynako

À propos de AITN

  • À propos
  • Annonceurs
  • Politique de confidentialité
  • Contact

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

No Result
View All Result
  • AITN – Afrique IT News
  • Éditorial
  • News
  • Finance
  • Startups
  • Tech et médias
  • Stratégies
  • Podcasts
  • À propos
  • Annonceurs

© 2011 - 2025 AITN - Tous droits reservés - Groupe Gaynako

Ce site web utilise des cookies. En continuant à utiliser ce site Web, vous consentez à l'utilisation de cookies. Visitez notre politique de confidentialité.