La plateforme ivoirienne de commerce électronique ANKA, anciennement Afrikrea, traverse une crise de cybersécurité d’ampleur alors qu’elle vient tout juste d’annoncer son acquisition par le groupe international Global Shop. Une base de données contenant plus de 537 000 enregistrements d’utilisateurs a récemment été mise en vente sur des forums de hackers. Le fichier, d’un volume de 12,1 Go, comprend des données personnelles sensibles, parmi lesquelles des noms complets, adresses e-mail, numéros de téléphone, dates de naissance, mais aussi des éléments beaucoup plus préoccupants comme des jetons d’authentification actifs.
Ces jetons permettent potentiellement à des cybercriminels d’accéder directement aux comptes des utilisateurs sans avoir besoin de mot de passe. Cette brèche représente un risque majeur pour la vie privée des clients d’ANKA et ouvre la porte à des campagnes de phishing, des détournements de sessions, voire des fraudes d’identité à grande échelle.
La gravité de cette fuite est accentuée par son timing. En pleine transition vers une nouvelle gouvernance, ANKA devient une cible particulièrement vulnérable. Des experts en cybersécurité estiment que ce moment de flottement est souvent exploité par les acteurs malveillants, qui profitent du flou dans les responsabilités et la communication. L’Association des professionnels de la sécurité de l’information de Côte d’Ivoire (APSI-CI) alerte sur les risques d’attaques ciblées contre les utilisateurs, notamment via des communications frauduleuses usurpant l’identité d’ANKA ou de Global Shop Group.
Pour l’instant, la direction de la plateforme n’a pas émis de déclaration officielle sur les mesures entreprises, ni confirmé l’étendue réelle de l’intrusion. Mais l’affaire circule déjà sur les réseaux sociaux et forums spécialisés, où les captures d’écran de la base compromise semblent authentiques.
Face à cette situation, les spécialistes appellent les utilisateurs à la vigilance extrême. Il est crucial de changer immédiatement ses mots de passe et d’activer l’authentification à deux facteurs si ce n’est pas déjà fait. De même, toute communication inattendue – qu’il s’agisse d’e-mails ou de SMS – doit être traitée avec prudence, surtout si elle contient des liens ou demande des informations personnelles.
Alors qu’ANKA s’apprêtait à franchir une nouvelle étape de son développement à l’échelle mondiale, cette fuite ternit son image et met en lumière les défis de la cybersécurité pour les entreprises africaines en pleine croissance. Le nouveau propriétaire devra gérer cette crise avec transparence et efficacité s’il veut conserver la confiance des centaines de milliers de vendeurs et acheteurs qui ont choisi la plateforme.














