Le Cameroun se retrouve aujourd’hui à un carrefour stratégique de son développement technologique. D’après le rapport 2025 de l’AI Investment Potential Index (AIIPI) publié par l’Agence française de développement (AFD), le pays dispose d’un potentiel prometteur en matière d’intelligence artificielle (IA), mais reste confronté à plusieurs défis majeurs pour pleinement exploiter cette opportunité.
Classé au stade 2 sur 4, dans la catégorie des pays à potentiel moyen, le Cameroun partage cette position avec le Togo et l’Angola. L’AIIPI évalue 193 pays à travers six indicateurs clés : environnement économique, gouvernance, infrastructures numériques, capital humain, gouvernance des données et capacités statistiques. Avec un score inférieur à la moyenne mondiale de 52,32 points, le Cameroun doit intensifier ses efforts, notamment sur le plan des infrastructures et de la formation des talents.
En comparaison, des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya, le Ghana, ou encore le Sénégal se distinguent par des politiques publiques proactives, des écosystèmes d’innovation dynamiques et des stratégies nationales claires. Maurice, pionnier sur le continent, a adopté une stratégie IA dès 2018, démontrant l’impact positif d’une planification anticipée.
Conscient de ce retard, le gouvernement camerounais, par la voix de Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, a annoncé en janvier 2025 l’élaboration d’une stratégie nationale en IA. Ce projet vise à transformer le Cameroun en un acteur technologique incontournable, en misant sur la promotion d’une IA responsable, le renforcement des réseaux haut débit, la création d’incubateurs tech, et l’intégration de l’IA dans les cursus universitaires.
Les domaines d’application envisagés sont vastes : agriculture intelligente, diagnostic médical automatisé, éducation personnalisée, ou encore gestion optimisée des ressources naturelles. Autant de leviers qui, bien activés, pourraient faire du Cameroun un pôle d’innovation numérique en Afrique centrale.














